Infrastructures, formation, dĂ©tection, inclusion : le partenariat entre la Basketball Africa League, Wave CĂŽte d’Ivoire et la FIBB veut transformer les terrains de proximitĂ© en vĂ©ritables viviers de talents. À Koumassi, le week-end dernier, le message Ă©tait clair : pour construire les champions africains de demain, il faut d’abord donner Ă  la jeunesse les moyens de rĂȘver.

Le basketball ivoirien sort d’un week-end particuliùrement riche en symboles.

Les 2 et 3 octobre, Abidjan a Ă©tĂ© le théùtre de deux rendez-vous consacrĂ©s au partenariat entre la Basketball Africa League (BAL), Wave CĂŽte d’Ivoire et la FĂ©dĂ©ration Ivoirienne de Basketball (FIBB). Deux journĂ©es, deux formats, mais une mĂȘme ambition : faire du basketball un vĂ©ritable outil de dĂ©veloppement de la jeunesse et prĂ©parer la relĂšve africaine.

AprĂšs Yopougon en 2025, c’est cette fois le Groupe scolaire Lac de Koumassi qui a bĂ©nĂ©ficiĂ© de la rĂ©novation de son terrain de basketball. L’infrastructure doit permettre Ă  prĂšs de 3 000 jeunes de pratiquer la discipline chaque semaine.

Mais derriĂšre le bĂ©ton, les panneaux et les paniers, c’est surtout une vision du dĂ©veloppement du basketball africain qui se dessine.

Des terrains pour transformer le talent en opportunités

Vendredi 2 octobre, Ă  la veille de l’inauguration, Amadou Gallo Fall, prĂ©sident de la BAL, Katier Bamba, directeur gĂ©nĂ©ral de Wave CĂŽte d’Ivoire, et Moussa Diarra, prĂ©sident de la FIBB, ont dressĂ© devant la presse le bilan et les perspectives de leur collaboration.

Un constat a particuliĂšrement retenu l’attention : l’Afrique ne manque pas de talents. Elle manque encore trop souvent d’opportunitĂ©s pour leur permettre de s’exprimer.

Amadou Gallo Fall, Président de la BAL.
Crédit: FIBB

Amadou Gallo Fall l’a rĂ©sumĂ© avec une formule forte :

« Nous savons qu’il y a du talent partout en Afrique, mais ce qui manque souvent, c’est les opportunitĂ©s. Il faut avoir accĂšs Ă  un terrain pour pouvoir rĂȘver de devenir un grand basketteur. »

La philosophie est donc simple : avant de demander aux jeunes Africains de devenir des champions, encore faut-il leur offrir des lieux pour apprendre Ă  jouer.

Et la BAL affiche dĂ©sormais une ambition continentale particuliĂšrement importante : construire 1 000 terrains Ă  travers l’Afrique au cours de la prochaine dĂ©cennie.

Koumassi apparaüt ainsi comme une piùce d’un projet beaucoup plus large.

De la pratique de masse au haut niveau

Pour la FIBB, l’enjeu ne consiste pas uniquement à multiplier les infrastructures.

La CĂŽte d’Ivoire dispose aujourd’hui d’environ 60 centres de formation et 70 clubs engagĂ©s dans les championnats, selon les Ă©lĂ©ments prĂ©sentĂ©s par Moussa Diarra.

Le véritable défi est donc de créer une continuité entre le terrain de proximité, le centre de formation, le championnat, les sélections nationales et, pourquoi pas, les grandes compétitions professionnelles africaines.

C’est prĂ©cisĂ©ment lĂ  que la BAL entend jouer un rĂŽle structurant.

La ligue ne se limite pas Ă  offrir une vitrine professionnelle au basketball africain. Son approche comprend Ă©galement la formation des entraĂźneurs, les camps, la dĂ©tection et le renforcement des capacitĂ©s, avec notamment des programmes permettant Ă  des techniciens africains d’ĂȘtre exposĂ©s Ă  des mĂ©thodes de haut niveau.

L’objectif Ă  terme est de contribuer Ă  faire Ă©merger un Ă©cosystĂšme suffisamment solide pour que les jeunes talents africains puissent progresser sur leur continent et trouver davantage d’opportunitĂ©s professionnelles Ă  domicile.

Une vision qui prend encore plus de sens en CĂŽte d’Ivoire, pays qui vient de dĂ©montrer la qualitĂ© de sa formation chez les jeunes.

Les ÉlĂ©phants U18 ont en effet remportĂ© Ă  domicile l’AfroBasket U18 2026, en terminant la compĂ©tition invaincus et en dominant le SĂ©nĂ©gal en finale (73-51).

Le talent existe donc. La question est désormais de savoir comment le faire fructifier durablement.

Wave : transformer la présence territoriale en impact

Le Directeur GĂ©nĂ©ral de Wave, Bamba Katier (Ă  gauche) et le prĂ©sident de la BAL, Amadou Gallo Fall (Ă  droite) dĂ©cidĂ©s Ă  Ɠuvrer pour l’essor du Basketball ivoirien.
Crédit: La BAL

Pour Wave CĂŽte d’Ivoire, l’engagement dĂ©passe Ă©galement la seule visibilitĂ© de la marque.

Avec son implantation dans le pays, l’entreprise entend transformer sa prĂ©sence territoriale en impact concret dans les communautĂ©s.

La rĂ©novation du terrain de Koumassi s’inscrit ainsi dans une dĂ©marche plus large qui associe sport, Ă©ducation et jeunesse.

Des salles de classe ont Ă©galement fait l’objet de travaux et l’objectif affichĂ© est de mettre Ă  disposition des jeunes un environnement permettant Ă  la fois la pratique sportive, l’Ă©panouissement, le travail collectif et la construction personnelle.

C’est cette logique qui donne une dimension particuliĂšre au partenariat : le terrain devient un espace de rencontre, de formation et potentiellement de dĂ©tection.

Et la FIBB entend accompagner cette dynamique en privilĂ©giant notamment les zones oĂč l’accĂšs aux infrastructures sportives reste limitĂ©.

Koumassi n’a donc pas Ă©tĂ© choisi au hasard.

La forte concentration de clubs et de licenciés dans la commune en faisait un territoire particuliÚrement pertinent pour accueillir cette infrastructure.

La relÚve était déjà sur le terrain

Samedi 3 octobre, aprĂšs les discours officiels, les autoritĂ©s traditionnelles et administratives, les invitĂ©s et les acteurs du basketball ont assistĂ© Ă  l’inauguration officielle.

Mais la cérémonie a rapidement quitté le registre protocolaire pour retrouver celui du terrain.

Les sélections U15 garçons et filles ont participé à une clinique sportive encadrée par des instructeurs de la FIBB.

Un dĂ©tail qui rĂ©sume parfaitement l’esprit du projet.

RĂ©nover un terrain n’a de sens que si les jeunes l’investissent, y apprennent, y progressent et y rĂȘvent.

La clinique a donc permis de placer la formation au cƓur de la fĂȘte.

Et ce sont précisément ces jeunes pratiquants qui pourraient, dans quelques années, alimenter les équipes nationales, les championnats locaux ou les compétitions africaines.

Special Olympics : quand le terrain devient aussi un espace d’inclusion

L’Ă©quipe de Special Olympics CĂŽte d’Ivoire prĂ©sente Ă  l’inauguration du terrain de basketball rĂ©novĂ© Ă  Koumassi.
Crédit: Sportzone

Mais le moment le plus symbolique de cette inauguration Ă©tait peut-ĂȘtre ailleurs.

Pour le match de gala 5×5, les organisateurs ont choisi de faire participer dix athlĂštes de Special Olympics CĂŽte d’Ivoire, filles et garçons, aux cĂŽtĂ©s des invitĂ©s, du staff de Wave et des autres participants.

Un choix particuliĂšrement significatif.

Car sur le terrain de Koumassi, il ne s’agissait plus seulement de parler de performance, de formation ou de dĂ©tection.

Il s’agissait aussi de rappeler que le sport africain de demain doit ĂȘtre un sport qui inclut.

La prĂ©sence des athlĂštes de Special Olympics CĂŽte d’Ivoire a d’ailleurs Ă©tĂ© particuliĂšrement apprĂ©ciĂ©e par Amadou Gallo Fall.

PrĂ©sent Ă  la cĂ©rĂ©monie, Eric Nelson Monnet, Directeur ExĂ©cutif de Special Olympics CĂŽte d’Ivoire, n’a pas manquĂ© de fĂ©liciter personnellement le prĂ©sident de la BAL pour cette initiative, qu’il considĂšre comme une contribution concrĂšte Ă  la lutte contre la stigmatisation dont sont victimes les personnes en situation de dĂ©ficience intellectuelle.

Et c’est peut-ĂȘtre lĂ  l’une des images les plus fortes du week-end.

Sur le mĂȘme terrain, des jeunes basketteurs en devenir, des athlĂštes Special Olympics, des dirigeants, des entraĂźneurs et des partenaires ont partagĂ© le mĂȘme espace et la mĂȘme passion.

Le basketball devenait alors plus qu’un sport.

Un langage commun.

Le véritable défi commence maintenant

Koumassi a Ă©tĂ© inaugurĂ©. Les paniers sont en place. Les jeunes ont dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  investir l’espace.

Mais le plus important reste Ă  venir.

Car la rĂ©ussite d’une telle initiative ne se mesurera pas uniquement Ă  la beautĂ© du terrain dans quelques mois.

Elle se mesurera au nombre de jeunes qui continueront à pratiquer, aux talents détectés, aux filles qui prendront leur place sur les parquets, aux entraßneurs formés, aux compétitions organisées et aux passerelles créées vers le haut niveau.

La question de la maintenance sera Ă©galement dĂ©terminante. La FIBB a insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© d’une gestion responsable des infrastructures afin d’Ă©viter que leur usage ne provoque une dĂ©gradation prĂ©maturĂ©e.

Autrement dit : construire est une chose. Faire durer en est une autre.

Avec son ambition de 1 000 terrains en Afrique au cours de la prochaine décennie, la BAL place la barre trÚs haut.

La CĂŽte d’Ivoire, elle, dispose dĂ©jĂ  d’une gĂ©nĂ©ration qui donne des raisons d’espĂ©rer.

Les titres remportĂ©s dans les catĂ©gories de jeunes, la progression des clubs et l’intĂ©rĂȘt croissant autour du basketball montrent que le potentiel est rĂ©el.

Reste désormais à transformer cette dynamique en systÚme durable.

BENSON ISRAEL

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