Yamoussoukro – 20 août 2026. Les Jeux Nationaux Special Olympics Côte d’Ivoire 2026 ont choisi de commencer par la réflexion avant de laisser parler les performances sportives. Jeudi, à la salle de conférence du Stade Charles Konan Banny de Yamoussoukro, un Panel de haut niveau consacré au thème « Sport, Handicap et Inclusion sociale» a réuni experts, parents, acteurs de la société civile et surtout une importante représentation des communautés.

Une mobilisation qui n’était pas anodine

Pour Special Olympics Côte d’Ivoire, le choix de Yamoussoukro comme terre d’accueil de ces Jeux n’est pas qu’une question de logistique. Il s’agit également d’aller à la rencontre des populations et de faire de l’inclusion une réalité partagée.

C’est pourquoi la mobilisation des chefs de communautés constituait l’un des enjeux majeurs de ce rendez-vous.

Et le pari semble avoir été remporté.

Venus nombreux, les chefs traditionnels et responsables communautaires ont pris part aux échanges aux côtés des associations de femmes, des parents d’athlètes et de plusieurs acteurs de la société civile.

Une présence qui donne une dimension particulière au message porté par Special Olympics : pour changer durablement le regard sur le handicap intellectuel, il faut porter l’information au plus près des communautés.

Quatre experts, quatre regards sur l’inclusion

La salle de conférence du Stade Charles Konan Banny a vibré aux sons des voix des quatre panelistes qui se sont distingués par la parfaite maîtrise de leur sujet.
Crédit: SOCI

Pour nourrir les échanges, quatre conférenciers ont apporté leurs expertises.

Richmond Kotori, professionnel de l’éducation, spécialiste de la petite enfance et consultant en troubles du neurodéveloppement, a ouvert les communications autour du « Sport, développement psychomoteur et éducation inclusive ».

Lui a succédé le Professeur Koua Asseman Médard, Directeur Coordonnateur du Programme National de la Santé Mentale, qui a développé la question de la pratique du sport comme outil de réhabilitation psychosociale axée sur le rétablissement.

La présidente nationale du COPASOCI, Mme Colette N’Go, a ensuite placé les parents au cœur du processus, à travers le thème : « Le sport comme levier d’inclusion sociale : le rôle essentiel des parents ».

Enfin, Sidibé Abdoul Aziz, Inspecteur pédagogique d’éducation physique et sportive et Délégué régional de l’Office National des Sports de Yamoussoukro, a abordé la question des infrastructures sportives et de l’accessibilité pour tous.

Des thématiques différentes, mais une même conclusion : l’inclusion nécessite une mobilisation collective.

Les chefs des communautés venus nombreux participer à ce Panel sont repartis satisfaits et surtout engagés pour la cause des personnes en situation d’handicap intellectuel.
Crédit: SOCI

Gbei Jean : « Nous serons la courroie de transmission »

L’un des temps forts du Panel est venu de la prise de parole de M. Gbei Jean, Chef Central des Communautés du Guémon-Cavally.

Au terme des échanges, le responsable communautaire a pris l’engagement, avec ses pairs, de jouer le rôle de courroie de transmission auprès des populations, afin de contribuer à faire évoluer les perceptions et les comportements à l’égard des personnes vivant avec un handicap intellectuel.

Une déclaration qui rejoint pleinement l’ambition de Special Olympics Côte d’Ivoire : faire sortir l’inclusion du cercle des spécialistes pour l’installer au cœur de la société.

Innocent Youté : « Une médaille rend visible une appartenance »

Innocent Youté, le Président du Conseil d’Administration de Special Olympics Côte d’Ivoire a eu une location fortement appréciée.
Crédit: SOCI

Dans son intervention, le Président du Conseil d’Administration de Special Olympics Côte d’Ivoire, Innocent Youté, a donné une dimension symbolique au choix de Yamoussoukro.

Pour lui, organiser ces Jeux dans la capitale politique ivoirienne constitue un message fort : l’inclusion est une question nationale et ne saurait être reléguée aux marges de la société.

Il a également insisté sur le changement de regard que le sport permet d’opérer.

Longtemps définie par ses incapacités, la personne vivant avec un handicap intellectuel doit désormais être regardée à travers ses aptitudes, ses efforts et ses performances.

Le PCA a ainsi rappelé que le sport offre aux athlètes l’occasion d’être « attendus, encouragés, applaudis », contribuant ainsi à leur autonomie et à leur citoyenneté.

Et de conclure par une formule particulièrement forte :

« Une médaille ici ne récompense pas seulement une performance. Elle rend visible une appartenance. »

Le premier match gagné : celui des mentalités

Avant même que les athlètes n’entrent en compétition, Special Olympics Côte d’Ivoire a donc remporté une première victoire à Yamoussoukro : celle de la mobilisation et de la sensibilisation.

M. Charles Takouet de Special Olympics Africa a édifié le public par des exemples éloquents d’athlètes ayant retrouvé la joie de vivre à travers les programmes de Special Olympics.
Crédit: SOCI

La présence massive des chefs de communautés et des associations de femmes démontre que le message peut être entendu lorsqu’il est porté directement auprès des populations.

Désormais, les discours vont laisser place aux actes.

Ce vendredi 21 août, plus de 300 athlètes issus des différents sous-programmes de Special Olympics Côte d’Ivoire vont investir les terrains du Lycée Scientifique de Yamoussoukro dans 11 disciplines sportives.

Et là, ce seront les athlètes qui prendront la parole.

Avec leurs jambes, leurs bras, leurs gestes, leur courage et surtout leur talent.

Car à Yamoussoukro, Special Olympics ne veut pas seulement organiser des Jeux.

L’organisation veut contribuer à changer les regards.

Benson Amoua – Sportzone-ci

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